Welcome (film) est un film français réalisé par Philippe Lioret, sorti le 11 mars 2009 en France, avec Vincent Lindon
Pour impressionner et reconquérir sa femme, Simon, maître nageur à la piscine de Calais, prend le risque d’aider en secret un jeune réfugié kurde qui veut traverser la Manche à la nage.
Certes "Nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde" [1], mais on ne peut rester insensibles à nos semblables qui errent en quête d’une vie meilleure, pour n’être pas nés au bon moment, au bon endroit, et perdre autant de talents potentiels, de gaspiller autant de richesses potentielles.
Il y a la loi qui protège le territoire et permet à la République d’accepter ou de refuser les populations. Il y a la morale qui protège le citoyen des effets de la loi. Si la République n’a pas su empêcher des immigrants pleins d’espoirs de franchir ses frontières, elle ne peut empêcher ses citoyens pleins d’humanité de s’en affranchir et d’aider ses semblables.
Il faut être plus précis. De quoi parle-t-on ? On parle d’offrir un gîte à son prochain, on parle de recharger un téléphone, on parle de subvenir à des besoins essentiels pour que notre territoire ne connaisse pas la honte d’héberger des ghettos. La loi, elle, parle de trafiquants mafieux abusant de la détresse des pauvres.
Y a-t-il un abus ou un trafic mafieux dans l’action des associations caritatives qui viennent en aide à leur prochain, à "mes frères", disait un manifestant mercredi ? Ce militant du Secours Catholique ajoutait que "la devise de la France c’est Liberté, Egalité, Fraternité ", faisant honneur à la France, ou encore cet autre militant d’Emmaüs : "Lorsque quelqu’un qui a tout perdu arrive à Emmaüs, je ne vais pas lui demander ses papiers. L’Abbé Pierre ne l’aurait pas fait"
L’Etat est fondé à dire le droit, il n’est pas fondé à interdire la morale. Non seulement l’Etat, mais, au-dessus de lui, l’Europe. Car le droit européen s’impose à ses Etats membres, la France l’a accepté.
Il n’y aura de solution qu’européenne, voire internationale, au problème de l’immigration de masse. Tolérée lorsque la main d’oeuvre mal payée se fait rare, déséquillibrant ainsi le marché du travail, ou privant des meilleurs éléments les pays les moins riches, l’immigration n’en est pas moins un moyen de régénérer nos racines, d’enrichir notre culture.
L’immigration illégale dépend des moyens des pouvoirs publics à faire respecter nos frontières. L’Europe unie, la première puissance financière mondiale [2], ne découragera pas les migrants, ni en les laissant à leur triste sort en mer, ni en les entassant dans des camps. Elle pourra plus sûrement contraindre les Etats frontaliers laxistes, ou améliorer le sort des populations des pays les moins riches. C’est en donnant leur pain à ces hommes qu’on pourra les rassasier.
Dans la presse :
Tous ceux qui aident de bonne foi un étranger en situation irrégulière doivent savoir qu’ils ne risquent rien". Le jour où 5 500 personnes veulent se constituer prisonnières pour avoir aidé des étrangers en situation irrégulière, Eric Besson, ministre de l’immigration, s’est voulu rassurant sur France Inter, mercredi 8 avril. Pour lui, le "délit de solidarité", tel que le qualifient les associations d’aide aux sans-papiers, est un "mythe".
Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées, mercredi 8 avril, dans 90 villes de France à l’appel d’un collectif d’associations dont Emmaüs France, la Cimade et la LDH pour exiger que l’aide aux sans-papiers échappe à toute notion de "délit de solidarité". Témoignages de manifestants, à Paris.
A l’initiative d’associations, 5500 citoyens vont aujourd’hui symboliquement se constituer prisonniers pour protester contre les pressions exercées contre les personnes qui aident les sans-papiers.
Tout a commencé par un film. Dans « Welcome », sorti il y a quelques semaines sur les écrans, le réalisateur Philippe Lioret a fait resurgir un sujet sensible : celui de l’aide aux étrangers en situation irrégulière. Depuis, les associations battent le fer pour obtenir la modification de l’article L. 622-1 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers. Des manifestations dans de nombreuses villes ont eu lieu hier. Une proposition de loi socialiste visant à « supprimer le délit de solidarité » a été examinée au même moment en commission des Lois à l’Assemblée avant d’être débattue, en séance, le 30 avril. Et des sénateurs RDSE (à majorité radicaux de gauche) ont annoncé le matin qu’ils s’apprêtaient à déposer une proposition de loi allant dans ce sens. En vertu du fameux article L. 622-1, vieux de plus d’un demi-siècle, tout individu qui « par une aide directe ou indirecte aura facilité ou tenté de faciliter l’entrée, la circulation ou le séjour irréguliers d’un étranger » s’expose à une condamnation pouvant aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 30.000 euros d’amende. Le texte, et c’est là le point sensible, ne fait pas de distinction entre les personnes qui agissent à titre humanitaire et celles qui appartiennent à des réseaux de passeurs et agissent moyennant finances ou contreparties.
Evénement inédit, l’appel à se rassembler aujourd’hui devant les palais de justice de 80 villes de France a été signé par les mouvements coutumiers de ce genre d’actions comme le Gisti ou la Cimade, mais aussi par des associations confessionnelles tout aussi engagées mais préférant œuvrer dans la discrétion comme le Secours catholique, la Fédération d’entraide protestante ou les Petits frères des Pauvres.
Sans-papiers . À l’initiative de plus de cinquante associations, 5 500 citoyens vont se constituer prisonniers, aujourd’hui, dans 80 villes de France, pour protester contre la politique d’immigration.
Dans la foulée de la polémique autour du film Welcome, deux propositions de loi ont été rédigées pour mettre fin au « délit de solidarité ». La première, venue des rangs du Parti socialiste, a été déposée le 18 mars dernier sur le bureau de l’Assemblée nationale et doit passer aujourd’hui devant la commission des Lois. Elle sera débattue en séance le 30 avril prochain. La seconde, qui n’est pas encore inscrite au calendrier parlementaire, émane du groupe communiste républicain et citoyen (CRC) au Sénat.
Deux textes proches qui proposent chacun de modifier le fameux article L. 622-1 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers en France et du droit d’asile (CESEDA). Ce dernier stipule que « toute personne qui a, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l’entrée, la circulation ou le séjour irréguliers, d’un étranger en France risque cinq ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende ». Une définition trop globale, estiment les parlementaires de gauche.
Selon eux, la législation actuelle fait l’amalgame entre les réseaux criminels de passeurs et l’aide humanitaire apportée par des associations ou même des personnes privées. « Le gouvernement se défend en expliquant que ce texte est appliqué avec discernement et qu’aucun militant n’est condamné à ce titre, explique Daniel Golberg, rapporteur socialiste de la première proposition de loi. C’est peut-être vrai, mais le fait est que la loi le permet. C’est une épée de Damoclès au-dessus de la tête des bénévoles. Si tout le monde est d’accord pour différencier criminel et humanitaire, pourquoi refuser de dire clairement les choses ? »
Nathalie Ferré est enseignante-chercheuse en droit privé et membre du bureau du Groupe d’information et de soutien des immigrés (GISTI). Comme dans le film de Philippe Lioret, Welcome (film), un homme peut-il être mis en examen pour avoir logé un sans-papiers ?
Le réalisateur de Welcome explique son engagement « de cinéaste et de citoyen ». Votre film, Welcome, a mis sur le devant de la scène médiatique et politique un problème finalement assez méconnu, celui du délit de solidarité. Pourquoi ce sujet ? Qu’en saviez-vous, avant de vous lancer dans l’écriture du scénario ? Philippe Lioret. Un peu ce que tout le monde pouvait en connaître, en lisant la presse. En cherchant un sujet de film, une dramaturgie forte, je suis tombé sur la situation des migrants, à Calais, et de leurs soutiens. Je suis allé enquêter sur place, j’ai rencontré ces exilés, les associations qui les aident, et j’ai été bouleversé par ce que j’ai vu. J’ai trouvé que la France ne sortait pas grandie de cette situation. Je me suis plongé dans tout ça, d’abord avec une volonté de cinéaste, qui s’est doublée ensuite d’une volonté citoyenne. En fait, on ne fait jamais assez confiance au cinéma : jamais je n’aurais pu penser que ce film, non content d’avoir un succès public, réussisse à toucher l’opinion à ce point, à travers les médias, les politiques… et qu’on envisage désormais d’amender cette loi inique.
Le PS, qui a organisé mercredi 18 mars une projection du film de Philippe Lioret à l’Assemblée nationale, a déposé une proposition de loi pour dépénaliser le « délit de solidarité ». Elle sera débattue le 20 avril
Un film peut-il faire changer la loi ? Il n’y a pas si longtemps, l’émotion suscitée par la sortie sur les écrans d’Indigènes de Rachid Bouchareb avait conduit le gouvernement à régler le problème, pourtant depuis longtemps dénoncé, des pensions des anciens combattants des territoires coloniaux. Avec Welcome , sorti en salles mercredi 17 mars, qui raconte la rencontre entre un moniteur de natation de Calais et un jeune Kurde irakien, décidé à traverser la Manche à la nage pour retrouver celle qu’il aime, Philippe Lioret souligne, cette fois, la pression policière qui s’exerce sur tous ceux qui, à titre humanitaire, tentent de venir en aide aux sans-papiers.
Son réalisateur se défend pourtant d’avoir voulu faire un film politique. « J’ai d’abord fait un film de fiction comme cinéaste pour montrer une réalité, mais la réaction qu’il a suscitée m’amène aujourd’hui à le porter comme citoyen », explique le réalisateur, lequel demande aujourd’hui la modification d’une loi « qui rend les gens coupables d’un acte compassionnel ». En cause, l’article L.622-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile qui punit de cinq ans d’emprisonnement et de 30 000 € d’amende « toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l’entrée, la circulation ou le séjour irréguliers d’un étranger en France ».
Des manifestations ont lieu aujourd’hui afin de soutenir les aidants qui accompagnent les sans-papiers
Sa ligne téléphonique a-t elle été mise sur écoute ? Risque-t-elle un jour d’être placée en garde à vue ? Maman de deux jeunes enfants, Nan Suel n’est plus sûre de rien. Comme les autres bénévoles de l’association Terre d’errance qui, dans la région de Saint-Omer (Pas-de-Calais), intervient auprès des sans-papiers en route vers l’Angleterre, cette jeune femme s’est mise à douter, le 19 février.
Ce jour-là, à 7h45, la police perquisitionnait la maison de Monique Pouille, également bénévole. Soupçonnée d’avoir aidé des passeurs, cette femme de 60 ans fut placée plusieurs heures en garde à vue. « Quand on connaît Monique, c’est totalement absurde », soupire Nan Suel qui voit dans cette affaire une tentative d’intimidation.
Plusieurs associations de soutien aux sans-papiers appellent, ce mercredi, à des rassemblements devant les préfectures de police et les palais de justice pour se constituer "prisonniers". Elles dénoncent les poursuites judiciaires à l’encontre de militants. Pierre Saglio, président d’[ATD Quart Monde France], dénonce une chasse à "la solidarité".
Pourquoi manifestez-vous ?
Nous voulons dire très clairement à l’Etat qu’il y a un certain nombre de priorités à respecter, notamment une dignité égale pour tout citoyen. On ne peut pas accepter l’interdiction de soutenir une personne, quelle qu’elle soit. Le devoir de solidarité doit primer !
Ce mercredi, 5 500 personnes, souvent anonymes, parfois représentant une association, une ONG ou un syndicat, se sont données rendez-vous à 13h30 devant les grilles de nombreux palais de justice pour protester contre le « délit de solidarité ». L’idée a émergé dans le milieu des soutiens aux sans-papiers quand a été dévoilé (via la loi de finances 2009) l’objectif du gouvernement de grimper à 5 500 interpellations sur l’année. (Voir la vidéo)
Officiellement, la cible des autorités serait les passeurs, comme le montre aussi la dernière lettre de mission de Nicolas Sarkozy à son ministre. C’est aussi la ligne que tenait ce mercredi matin sur France Inter Eric Besson, ministre de l’Immigration, de l’Identité nationale.
Pourtant, la loi française est assez floue pour que, selon l’article L-622-1 du code sur l’entrée et le séjour des étrangers en France, passeurs et simples citoyens ou représentants d’association puissent être assimilés à un même délit. Y compris quand il s’agit seulement de recharger les batteries d’un téléphone portable ou d’assurer le lien avec la famille du migrant restée au pays.
IMMIGRATION - Plusieurs associations manifestent contre la pénalisation de l’aide aux immigrés clandestins...
« Toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité l’entrée, la circulation ou le séjour irrégulier d’un étranger en France, sera puni d’un emprisonnement de cinq ans et d’une amende de 30 000 euros. » L’article L622-1 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers, popularisé récemment par le film Welcome, sera au coeur aujourd’hui de plusieurs manifestations dans quelque quatre-vingts villes en France.
Les manifestants, qui revendiquent avoir « un jour aidé un sans-papiers en difficulté », comptent « se constituer prisonniers pour délit de solidarité ». Parmi eux des élus, comme la députée PS de Haute-Garonne et pharmacienne Catherine Lemorton, « coupable » d’avoir « soigné » des clandestins.
Tous dénoncent la multiplication des « intimidations policières » sur des bénévoles ou des quidams venant en aide à des migrants. « A Marseille, un compagnon d’Emmaüs a été gardé à vue en février (lire ci-dessous), tout comme deux bénévoles de France-Terre d’asile ou un autre des Restos du coeur. Il n’y a pas de chiffres précis, mais l’inquiétude grandit », explique Patrick Dugois, délégué général d’Emmaüs France, alors que le PS présente aujourd’hui une proposition de loi visant à « soustraire » les associations du champ de l’article L622-1.
« Aidant, Je suis prêt à être poursuivi. » Munis de cet autocollant, entre 800 personnes selon la police et 1 000 selon les organisateurs se sont rassemblées devant le palais de justice à Marseille. « Je suis venue me constituer prisonnière pour avoir aidé un sans papiers en difficulté », explique une « aidante ». En cause, l’article L622- 1 du Code de l’entrée et de séjour des étrangers qui punit d’un emprisonnement de 5 ans et de 30 000 euros d’amende « toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité l’entrée, la circulation ou le séjour irrégulier d’un étranger en France ». A la suite de l’arrestation d’un compagnon sans papiers, le responsable de la communauté d’Emmaüs Pointe Rouge, Kamel Fassatoui a été placé en garde à vue en février et pourrait être mis en examen pour aide au séjour irrégulier. « Lorsque quelqu’un qui a tout perdu arrive à Emmaüs, je ne vais pas lui demander ses papiers. L’Abbé Pierre ne l’aurait pas fait », confie-t-il.
Plusieurs milliers de personnes se sont réunies hier, à Paris et en province, à l’appel d’un collectif d’associations (Emmaüs, Cimade et Secours catholique) pour demander que l’aide aux sans-papiers ne soit pas considérée comme un « délit de solidarité ». Le collectif dénonce la loi de finances, où figure l’objectif de 5 000 interpellations d’« aidants » aux clandestins en 2009. Pour le ministre de l’Immigration, Eric Besson, ce terme « aidants » désigne les passeurs, tandis que les associations y voient une menace à l’encontre des bénévoles rendant service à un sans-papiers.
Un collectif d’associations dont Emmaüs, la Cimade, le Secours catholique et France Terre d’asile ont appelé ce mercredi à des rassemblements dans 80 villes de France pour demander la suppression du « délit de solidarité » avec les sans-papiers. Ces associations dénoncent notamment un amendement à la loi de finances 2009 qui, selon elles, fixe pour 2010 un objectif de 5 500 interpellations d’« aidants ».
[...] Précédant l’émotion suscitée par le film Welcome, le monde associatif s’inquiète depuis plusieurs mois du nombre d’interpellations pratiquées dans des espaces où il propose différents services aux plus démunis. Emmaüs cite ainsi l’interpellation, le 16 février dernier, d’un sans-papiers accueilli dans la communauté de Marseille Pointe-Rouge, suivie, le lendemain, de la mise en garde à vue du responsable de la communauté.
« Si la solidarité est un délit, je demande à être poursuivi pour ce délit. » Avec ce slogan pour cri de ralliement, des rassemblements se tiendront aujourd’hui devant les palais de justice et les préfectures d’une soixantaine de villes. Initié par une quinzaine d’associations (Réseau éducation sans frontières, Emmaüs…), ce mouvement a pour cible, à l’instar du film « Welcome », l’article de loi qui permet de poursuivre passeurs, trafiquants de main-d’oeuvre et tout citoyen venu en aide à un sans-papiers.
D’après les associations, arrestations et placements en garde à vue de militants ou de travailleurs sociaux sont de plus en plus fréquents. Parents de trois enfants, Marie*, cadre dans une banque, et son époux Jules*, enseignant, tous deux 37 ans, se revendiquent « délinquants de la solidarité ». Symboliquement, ils vont se « constituer prisonniers » à Paris.
A quand remonte votre engagement ?
Marie. Au début de l’été 2006, au moment de la circulaire Sarkozy sur la régularisation des parents d’enfants scolarisés. C’est là que des familles sans papiers ont choisi de sortir de l’ombre. Dans l’école de nos enfants, à Paris, elles sont passées de deux ou trois au début du printemps à une dizaine à la fin. Or, cette circulaire s’est avérée une opération de communication, avec des quotas… Beaucoup de gens, répondant aux critères, sont restés sur le carreau et étaient menacés d’expulsion. A partir de là, on ne pouvait plus dire : « Je ne savais pas. »
Affichant leur soutien aux sans-papiers, des milliers de manifestants se sont symboliquement constitués prisonniers dans de nombreuses villes de France mercredi pour réclamer une clarification de la loi qui punit les passeurs et qui est, selon eux, utilisée pour intimider les bénévoles venant en aide aux clandestins.
La proposition de loi "Welcome" (titre d’un récent film sur le sujet), déposée par les députés socialistes en ce sens, a été rejetée ce même jour par la commission des lois de l’Assemblée nationale.
"Si la solidarité devient un délit, nous demandons à être poursuivis pour ce délit !" C’est derrière ce mot d’ordre qu’avaient appelé à manifester des dizaines d’associations, dont Emmaüs, la Cimade, le Réseau éducation sans frontières (RESF), la Ligue des droits de l’Homme ou encore le Secours catholique, avec le soutien de plusieurs partis politiques (PS, les Verts, Parti de Gauche, PCF, NPA).
Plusieurs centaines de personnes ont manifesté leur soutien aux sans-papiers mercredi devant le Palais de justice de Marseille autour du mot d’ordre "Si la solidarité devient un délit, nous demandons à être poursuivis pour ce délit". Le collectif d’associations ayant appelé à ce rassemblement réunit la Fédération des Bouches-du-Rhône de la Ligue des droits de l’homme, RESF (Réseau éducation sans frontières) ou encore la Cimade. Le 16 février dernier, un immigré en situation irrégulière avait été contrôlé au sein de la communauté Emmaüs de La Pointe-Rouge, dans le huitième arrondissement de Marseille. Le lendemain, le parquet avait décidé de perquisitionner les locaux et le responsable de la communauté avait été placé en garde à vue. Quelques jours plus tard, une pétition de soutien aux sans-papiers avait été lancée sur internet, qui a recueilli à ce jour plusieurs milliers de signatures. Des prêtres ont accepté de reconnaître publiquement à Marseille qu’ils hébergeaient parfois des sans-papiers dans leurs paroisses. L’archevêque de Marseille, Mgr Georges Pontier, n’a pas désavoué cet acte de solidarité.
Le ministère de l’Immigration ne recense que deux bénévoles condamnés en 65 ans au titre de l’article 622-1, qui réprime l’aide à l’entrée et au séjour des clandestins, alors que des milliers de manifestants ont protesté mercredi contre le "délit de solidarité". [...] En 2007, 1.050 personnes ont été condamnées au titre de cet article, selon des données du casier judiciaire national communiquées à l’Associated Press par le ministère de la Justice.
Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées mercredi dans 90 villes de France à l’appel d’un collectif d’associations dont Emmaüs, la Cimade et la LDH pour exiger que l’aide aux sans-papiers échappe à toute notion de "délit de solidarité".
"Il n’y a pas de délit de solidarité en France et toutes celles et ceux qui, de bonne foi, aident un étranger en situation irrégulière doivent savoir qu’ils ne risquent rien", a assuré le ministre de l’Immigration, Eric Besson, mercredi : Dans une lettre de mission adressée à Eric Besson, Nicolas Sarkozy et François Fillon demandent à Eric Besson pourtant de porter à 5.000, en 2009, les interpellations "pour des faits d’aide illicite à l’entrée et au séjour d’immigrés en situation irrégulière", après 4.300 en 2008.
Le message est clair. Brandi bien haut sur une banderole : “Si la solidarité devient un délit, nous demandons à être poursuivis pour ce délit”. A Paris, Marseille, Strasbourg et dans plus de 80 autres villes, 5.500 personnes devaient ainsi s’afficher.
Toutes dénoncent un article du code de l’entrée et du séjour des étrangers, l’article L622-1, qui menace de cinq ans de prison et de 30.000 euros d’amende “toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l’entrée, la circulation ou le séjour irrégulier d’un étranger en France”.
Un texte ambigü, selon les associations qui appelaient à manifester aujourd’hui (Emmaüs, la Cimade, RESF, Médecins du monde...). Car l’article ne fait pas la différence entre les passeurs et les bénévole, qui veulent juste aider autrui...
Entre 250 et 300 personnes se sont réunies sur les marches du palais de justice ce midi pour répondre à l’appel national de mobilisation contre le « délit de solidarité ». Le gouvernement projette d’interpeller 5 500 « aidants » de sans-papiers à l’horizon 2011. Les membres d’une dizaine d’associations locales se sont regroupés derrière une banderole sur laquelle était écrit : « Si la solidarité devient un délit, nous demandons à être poursuivis pour ce délit ! ».
Quand on n’a plus d’imagination, il y a toujours l’immigration. Combien de lois, de décrets et autres réglementations faudra-t-il à la France pour mettre au point, une bonne fois pour toutes, le contrôle des flux migratoires dans un pays où ils ne sont plus massifs depuis longtemps ?
En adressant une nouvelle lettre de mission au ministre en charge du dossier, Eric Besson, le président de la République et le Premier ministre rappellent que l’objectif de 27 000 éloignements - volontaires ou contraints - d’étrangers en situation irrégulière, reste une priorité politique. Étrange obsession quantitative, en vérité, pour traiter une réalité insaisissable et des situations humaines qui méritent, de toute façon, une autre attention que celle de la froide arithmétique. Mais rappeler cette nuance de bon sens, c’est déjà, semble-t-il, faire la démonstration d’une irresponsabilité coupable et la promotion des « frontières ouvertes ».
Hier à Saint-Etienne les « délinquants solidaires » ont manifesté leur soutien aux sans-papiers au nom des principes de fraternité et de solidarité
Saint-Etienne, hier, on manifestait, comme dans une soixantaine de villes en France, à l’appel de nombreuses associations pour défendre le devoir de solidarité. Les participants au rassemblement, qui s’est tenu devant le palais de justice de Saint-Étienne, s’intitulent eux-mêmes des « aidants ». Dans leur vie quotidienne, ils ont soutenu, soutiennent ou soutiendront des personnes en situation irrégulière sur le sol français. « Tous ne sont pas des passeurs ou des maffieux » disent les délinquants solidaires et la solidarité est un devoir. Si elle devient un délit, nous demandons à être poursuivis pour ce délit ! ».
Et chaque manifestant arborait sur lui, hier matin, le message suivant : « Je suis aidant, je suis prêt à être poursuivi ».